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douleur

Quelle est l’origine de la douleur aigüe ?

Une compréhension à jour des mécanismes qui influencent une expérience douloureuse est primordiale. Surtout quand on traite des patients dont les plaintes principales sont la douleur. En plus de comprendre des mécanismes neurophysiologiques avancés, pouvoir le transmettre de manière simple et didactique au patient peut l’aider à mieux appréhender sa symptomatologie et répondre à de nombreuses interrogations. La compréhension est un outil primordial dans la voie de la guérison. Essayons-nous à cet exercice :

Dans nos tissus, nous avons des récepteurs appelés les nocicepteurs. Ils réagissent à des stimulus nocifs et potentiellement dangereux pour votre corps. Par exemple, si vous me marchez sur la main, des nocicepteurs mécaniques vont être sollicités. Ils vont transmettre un signal, un message de danger, qui va être transmis dans votre système nerveux jusqu’à votre cerveau. C’est ce qu’on appelle la voie ascendante. Pour la moduler, il existe une voie descendante. Elle va permettre de réguler les messages de dangers. C’est, entre autre, la voie de notre « anti-douleur » naturel, notamment favorisé lors de la pratique d’activité physique. Le fait de vivre ou de ne pas vivre une expérience douloureuse va être déterminée dans le cerveau. Pas de cerveau, pas de douleur. De nombreuses zones cérébrales (neuro-matrice) vont participer à une analyse rapide et multidimensionnelle. Cette analyse va prendre en compte les messages de dangers nociceptifs mais également d’autres facteurs primordiaux, comme le contexte dans lequel vous vous trouvez. C’est cet ensemble d’informations et son traitement par le cerveau qui va jouer un rôle dans le vécu ou non d’une expérience douloureuse.

Ce qui est primordial de comprendre, c’est qu’il faut bien séparer nociception (activation et transmission de signaux de dangers) et expérience douloureuse (vécu subjectif résultant d’une analyse d’informations) . La présence de l’un ne conditionne pas la présence de l’autre et vice-versa. Un exemple : avoir mal au dos ne signifie pas forcément que quelque chose est lésé. Cette simple explication a des implications potentiellement énormes dans la prise en charge du patient, notamment pour le rassurer et favoriser sa remise en mouvement.

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Lombalgie

Comment adapter sa posture de travail en confinement ?

La situation de crise pandémique actuelle amène un grand nombre d’entre-nous à travailler depuis la maison. Ces nouvelles adaptations peuvent amener à des questions pratiques. Comme toujours, un bon nombre de croyances erronées ou potentiellement dangereuses sont largement répandues. Notamment autour des adaptations ergonomiques à adopter sur son espace de travail. Je pense notamment à la posture.

Une revue systématique de 2018 a mis en avant les évidences scientifiques que les supports lombaires (corsets, ceintures, coussins adaptés), les écoles du dos traditionnelles et les semelles n’ont pas d’efficacité dans la prévention des douleurs de dos. Il existe des évidences sur les adaptations sur le lieu de travail mais elles sont faibles et de mauvaises qualité. Aucune conclusion ne peut être tirée.

Sowah et al., 2018 « Occupational interventions for the prevention of back pain: Overview of systematic reviews« .

Par contre, la littérature met en avant que l’exercice et le mouvement sont des outils pertinents de préventions. Concentrons-nous sur ce qui a pu montrer une efficacité.

On peut faire le lien avec la problématique des messages autour de la posture. Il est courant d’entendre qu’il est important de se tenir bien droit et d’éviter des postures étranges pour ne pas avoir mal au dos. Ces messages peuvent être culpabilisant. Il est extrêmement difficile pour certains de se tenir droit en travaillant.

Hors on sait que la problématique des douleurs de dos ne se situe pas dans l’incapacité à garder une posture parfaite, mais plutôt dans le manque de mouvement et les positions statiques prolongées. Il n’existe pas de posture parfaite. Tout le monde est différent et a des préférences de positionnement. Par contre, votre dos se nourrit du mouvement. La meilleure posture sera votre prochaine posture.

Ne perdez pas de temps et d’argent dans des adaptations couteuses, asseyez-vous comme vous le voulez, et mettez-vous en mouvement régulièrement.

Quelques idées pour varier sa position assise :

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Course à pieds

La course à pied associée à l’arthrose de genoux et de hanche ?

This article is based on a paper from Alentorn-Geli et al., 2017 : « Association of Recreational and Competitive Running With Hip and Knee Osteoarthritis: A Systematic Review and Meta-analysis »

La course à pied est une activité physique excellente pour améliorer la système cardio-vasculaire et le niveau de santé général. Cette activité est pratiquée par des millions de personnes à travers le monde. Mais est-elle sans danger pour vos articulations ?

Photo de RUN 4 FFWPU sur Pexels.com

Une revue systématique de la littérature et méta-analyse de 2017 a comparé l’apparition d’arthrose chez des coureurs (séparant les coureurs amateurs et les coureurs professionnels) et des sédentaires.

L’étude a mis en avant que les coureurs amateurs ont une apparition d’arthrose significativement plus faible en comparaison au groupe sédentaire (pas d’activité physique) et au groupe de coureurs professionnels. Ces résultats indiquent qu’un style de vie sédentaire ou des intensités très élevées de course à pieds sont associées à une apparition plus importante d’arthrose.

Attention : ne pas confondre corrélation et causation. D’autres facteurs confondants non évalués pourraient être présents et expliquer ces résultats.

Réflexions :

Il est important de savoir que l’arthrose est un phénomène associé au vieillissement (comme les cheveux qui deviennent blancs) qui n’est pas systématiquement associé à une expérience douloureuse. L’arthrose est multi-factoriel, dépendant du style de vie, de la sédentarité, et de l’alimentation entre autres.

Cette étude est intéressante car elle met en avant qu’une activité régulière comme la course à pieds est associée à moins d’arthrose que chez les personnes sédentaires. Le dosage de l’activité est important. Comme lorsque l’on s’occupe d’une plante ! Trop peu d’eau ne va pas la nourrir, trop d’eau peut la noyer. Notre corps peut incroyablement sadapter positivement aux charges qu’on lui impose, tout en sachant que nous avons tous une tolérance et une limite à cette adaptabilité. Il ne faut donc pas hésiter à faire de la course à pied de manière régulière.

N’hésitez pas à contacter un professionnel de la santé pour optimiser le dosage !

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Activité Physique

L’activité physique agit comme un médicament.

This article is based on a paper from : Vina et al., 2012 « Exercice acts as a drug : the pharmacological benefits of exercice »

Les effets systémiques de l’activité physique (AP) (from Vina et al., 2012).

L’activité physique (AP) est depuis longtemps associée à la santé. Dans les années 1950, on montrait déjà des relations inversement proportionnelles entre l’AP et les pathologies cardio-vasculaires (Morris et al, 1953).

Un nombre croissant d’évidences scientifiques confirment les bienfaits de l’AP sur la santé, qui peut être considérée comme un médicament en agissant sur des adaptations de votre système comme par exemple :

  • Diminution de la dépression, du stress et de l’anxiété (Kujala, 2011)
  • Diminution de l’adiposité abdominale (Warburton et al., 2006), de la pression artérielle, de l’inflammation systémique.
  • Amélioration des profils des lipoprotéines, des fonctions endothéliales, de la sensibilité à l’insuline.
  • Contribue de manière efficace aux traitements de pathologies chroniques comme l’hypertension, le diabète, les troubles musculo-squelettiques, le cancer.

Comme un médicament, l’activité physique doit être dosée et adaptée (volume, intensité, type) à votre profil. Contactez un professionnel de la santé pour vous aider à vous remettre en mouvement de manière sécurisée.

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Course à pieds

Est-ce que la course à pieds abime les disques intervertébraux ?

Il existe de multitudes croyances sur les troubles neuro-musculo-squelettiques. Les idées reçues sur notre fragilité structurelle sont extrêmement répandues, particulièrement celles liées à notre dos. Une idée très répandue est que la course à pieds, activité physique où le dos est sollicité en compression axiale répétitives, abimerait les disques intervertébraux (IVD). Et que, en conclusion, courir serait potentiellement dangereux pour la santé de votre dos.

Un groupe de scientifiques (Belavy et al., 2017 – Running exercise strengthens the intervertebral disc) a récemment montré que les IVD des sujets qui pratiquent la course à pieds avaient une meilleure composition (ce qui inclut une meilleure hydratation et une plus grande quantité de protéoglycanes) en comparaison à des sujets qui n’en pratiquent pas.

En conclusion, attention aux croyances répandues pouvant être délétères. Si vous avez envie de reprendre une activité physique et besoin de conseils pour l’adapter à votre situation, contactez un professionnel de la santé.

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Lombalgie

10 choses que vous devriez savoir sur les douleurs de dos.

This article resume a paper from BJSM in English.

  • La lombalgie n’est pas une condition dangereuse.
  • La plupart des épisodes de lombalgies s’améliorent et elles n’empirent pas avec l’âge.
  • Des pensées négatives, des comportements d’évitements, de faibles attentes sur la récupération sont plus associés à la douleur persistante que les dommages structurels.
  • Les radios et imageries diverses ne déterminent pas le diagnostic de lombalgie, les risques futurs, et n’améliorent pas le traitement. Au contraire ! Une étude (Webster et al., 2013) a mis en avant que réaliser une IRM de routine chez le patient en première ligne empirait sa situation clinique en comparaison à un groupe contrôle. Les imageries ne sont pas nécessaires si votre thérapeute suit les dernières recommendations internationales.
  • Des exercices progressifs associé à des mouvements dans différentes directions ne sont pas dangereux et améliorent la santé de votre dos.
  • La posture de votre dos assis, debout ou lors du port de charge ne prédit pas l’apparition de lombalgies ou sa persistance.
  • Certaines personnes ont une tendance à sur-contracter leur musculature. Il est important d’être fort, mais il peut être encore plus important de relâcher les muscles du tronc quand ils ne sont pas nécéssaire.
  • Les mouvements et l’apport de charges progressives sur la colonne vertébrale est sans danger et construit la résilience des structures.
  • Les « crises » de douleurs sont plus en rapport avec les changements contextuels, le stress et l’humeur. Et pas avec des dommages structurels !
  • Des soins efficaces pour la lombalgie sont relativement abordables et sans danger. Cela inclut une éducation spécifique centrée sur le patient, une mise en place d’un contexte positif, et un accompagnement personnalisé pour optimiser la santé physique et mentale.

N’hésitez pas à contacter un professionnel de la santé pour toutes questions relatives aux éléments ci-dessus !